du rouge au Blanc-Ménil
Feu sur Sarkozy. Depuis le gymnase de Blanc Mesnil, Jean-Luc Mélenchon a répliqué jeudi soir aux annonces faites par Nicolas Sarkozy dans le Figaro Magazine. Devant plus de 2.000 personnes venues assister à cette réunion publique, le tribun du Front de Gauche a fustigé le “signal d’extrême droitisation” du président Sarkozy. “Il appelle les gens à se haïr. C’est lamentable“, a-t-il estimé en conclusion de son troisième discours en trois jours.
A la tribune, le candidat de la gauche radicale s’étonne d’abord de l’amour récent de Nicolas Sarkozy pour les référendums. “Pourquoi est-ce qu’il n’a pas organisé de référendum sur le traité de Lisbonne? Parce qu’il connaissait le résultat!”, s’exclame l’ancien leader du “non” à la Constitution européenne en 2005, qui demande aujourd’hui un référendum sur le futur traité européen relatif à la discipline budgétaire.
“Et Madame Le Pen est là, écumante de bonheur”
Puis Jean-Luc Mélenchon passe à l’attaque contre la réflexion de Nicolas Sarkozy sur l’opportunité d’organiser un référendum concernant le droit des étrangers, le chef de l’Etat souhaitant que la justice administrative soit la “seule [juridiction] compétente en matière d’immigration”. L’eurodéputé y voit “une bassesse de plus”.
Se lançant dans un jeu de décryptage de la stratégie de l’Elysée, Jean-Luc Mélenchon ajoute : “Il se dit, si je leur parle de ça, cela va faire plaisir aux plus bêtes qui sont aussi les plus méchants. Ceux qui sont les plus bêtes et les plus méchants vont se dire : ah M. Sarkozy va nous permettre de nuire à notre voisin. Quel bonheur! Et Madame Le Pen est là, écumante de bonheur.” Et d’imaginer les propos de cette dernière : “Pas seulement les jeter dehors. Ah mains nues, foutez-les tous dehors, dans la mer!”
Les chômeurs, “une main d’oeuvre corvéable à merci”
Il poursuit dans son style de tribun: “Ces gens sont fous. Si on décide de le faire, cela porte un nom: cela s’appelle des rafles. Dites que vous voulez faire des rafles.” Lui expose son projet : donner des papiers à tous les travailleurs immigrés. Car argumente-t-il, les travailleurs immigrés sans papiers, “c’est la délocalisation de l’intérieur”.
Après une heure trente de discours, Jean-Luc Mélenchon arrive à l’autre proposition de Nicolas Sarkozy, à savoir organiser un référendum sur les droits des chômeurs. Pour le candidat du Front de gauche, cette idée vise à faire des chômeurs “une main d’œuvre prise à la gorge, corvéable à merci”. Il avertit : “Vous retournez dans la situation du cerf.” Encore quelques mots et Jean-Luc Mélenchon conclut son meeting d’une citation de Victor Hugo : “C’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches.” Variation littéraire d’un discours aux accents très marxistes. Contre “le riche qui veille sur son magot”, l’ancien trotskyste en a appelé à la “conscience de classe des travailleurs”. “Le seul argument qu’a le capital, c’est toujours plus. Toujours pour moi”, dénonce-t-il. Alors pour faire “sa révolution citoyenne”, il compte “sur les travailleurs et les travailleuses”. Une formule qui ferait rougir de plaisir Arlette Laguiller.






mélanchon dit ce qu’il faut dire , j’adhère
mais pourquoi toujours victor hugo ?
ce serait bien quelques autres, non ?
vite le staff , à vos recherches ……
Alors, sortons ce que supplient des maîtres à penser :
Aujourd’hui, le candidat s’incline devant vous, et peut-être trop bas ; demain, il se redressera et peut-être trop haut. Il mendiait les votes, il vous donnera des ordres. L’ouvrier, devenu contre-maître, peut-il rester ce qu’il était avant d’avoir obtenu la faveur du patron ? Le fougueux démocrate n’apprend-il pas à courber l’échine quand le banquier daigne l’inviter à son bureau, quand les valets des rois lui font l’honneur de l’entretenir dans les antichambres ? L’atmosphère de ces corps législatifs est malsain à respirer, vous envoyez vos mandataires dans un milieu de corruption ; ne vous étonnez pas s’ils en sortent corrompus.
Lettre adressée à Jean Grave, insérée dans Le Révolté du 11 octobre 1885.
Reclus, Élisée (1830-1905), Correspondance, Paris : Schleicher Frères : A. Costes, 1911-1925. pp.364-366
Faudrait un hybride Joly (pour son calme et sa tenacité) et Mélenchon (pour son pragmatisme et sa compétence économique et sociale)
Côté écologie, le bon sens des deux suffira.