vent de gauche force 9 en terre hollandaise
On peut ne pas croire aux sondages (c’est mon cas, surtout depuis la raclée de 2002), mais tout en se montrant rationnel constater l’engouement que provoque les discours du candidat du Front de Gauche et l’enthousiasme provoqué par notre projet sur des gens issus de la société civile, pas ou peu politisés auparavant. L’électorat sur lequel mord le plus à mon sens la percée de Mélenchon, ce sont avant tous les abstentionnistes, les autrefois désabusés de la politique qui retrouvent le goût d’en faire avec ce candidat là plutôt qu’un autre, d’après ce que j’en constate de ma propre fenêtre de perception du monde. Dire que nous grignoterions l’électorat de Hollande, par exemple, me semble un peu absurde.
Le candidat du PS a donc fait une grossière erreur, c’est évident : celle de sous-estimer son adversaire, et de mépriser si ostensiblement l’électorat du Front de Gauche, préférant je me souviens laisser son entourage parler de populisme ou de je ne sais quel vote protestataire à la Arthaud. Et je me souviens aussi des railleries de mon fils, socialiste, à notre endroit, ironisant sur notre non-importance numérique…. Il s’est mis le doigt dans l’œil jusqu’au coude, et la campagne de celui qu’il soutient par défaut (il était pro-Aubry) fait bien pâle figure à côté de la nôtre, qui force le respect.
je me demande donc comment Hollande pourrait continuer de faire comme si de rien n’était, avec cette pression plus importante que prévue, à gauche vraiment, qui le déstabilise même s’il ‘en veut rien montrer. Pourra-t-il encore longtemps continuer de se la jouer à la sourde oreille, alors que le peuple gronde, et vient de prendre la Bastille ? Et jusqu’à quand pourra-t-il se payer le luxe de se défiler indéfiniment devant celui qui nous représente ? Déjà, il tente de changer de thème, peu à l’aise sur celui de la sécurité, et désireux de passer à autre chose après l’affaire Merah. Grand bien nous fasse. Sur le terrain du social, nous l’attendons. De pied ferme. S’il veut que nous fassions un effort, il va falloir qu’il se bouge un peu plus et lâche du lest… et pas que des miettes. Car les attentes des français sont là, claires et précises : emploi, pouvoir d’achat… Que propose le candidat dit de gauche pour entraîner l’enthousiasme ? Pour le moment, nous n’avons pas vu grand chose de bien folichon. pas même une augmentation du smic significative, qui ferait un peu envie… La maîtrise de la dette ne fait pas une motivation électorale, ceci d’autant plus que je n’ai lu nulle part que le PS était favorable à un audit de celle-ci, préalable qui m’apparaît incontournable en la matière. Quand aux emplois aidés pour lutter contre le chômage, ça sent le réchauffé… Ce n’est pas tout à fait à la hauteur des enjeux. Va falloir qu’il se hâte de proposer du neuf, là. Sinon, ça va saigner dans le landerneau…
.




Les militants socialistes n’en démordront pas : ils voteront Hollande. Par fidélité. Sans arrière-pensée. Moutonnement, oserai-je avancer.
Pour les autres, tout est ouvert. Surtout, effectivement, pour les abstentionnistes habituels (et on les comprend). Rien n’est joué. Et la fébrilité de certains peut faire penser que nous sommes dans la bonne direction.
Le vrai vote socialiste, c’est celui pour le Front de Gauche.
(j’attends certaines visites, maintenant….)
@babelouest: "moutonnièrement" plutôt?
@gauchedecombat: Voilà qui me parait le coeur du problème: "La maîtrise de la dette ne fait pas une motivation électorale, ceci d’autant plus que je n’ai lu nulle part que le PS était favorable à un audit de celle-ci". Effectivement c’est bien de cela qu’Hollande évite soigneusement de parler. Et lorsqu’il en a sorti un mot il va tt de suite le démentir devant la City.
Pourtant, c’est bien de la dette , et de la loi de 1973, qui n’accorde le droit de prêter qu’aux banques (au lieu de la BCE) , avec leurs taux d’intérêts que crève la Grèce, et que les PIIGS (dont nous?) sont menacés.
L’Equateur l’a montré, et l’Islande aussi: c’est là qu’il faut réagir en premier, c’est la seule condition à la reprise en mains de leur destinée par les populations ?!
Mais… aucun blogueur de gauche n’en parle , ne le rappelle de temps en temps sur son blog ou ds ses commentaires! Cela cautionne le raisonnement du candidat PS qui compte sur l’ignorance du "petit peuple" ..à qui il n’a pas projeté de soumettre de référendum sur le MESF, ne l’oublions pas!
J’ai parfois l’impression que les échanges en restent à des futilités – pardon à des considérations secondaires… Comme un processus de fractale qui fait perdre de vue la globalité systémique.. bref, l’essentiel du pb.
Jocegaly, c’est sans doute votre orthographe la bonne.
Quant à la Dette, il y a longtemps au FdeG qu’on la conteste, et qu’une autdit est réclamée, quitte à récuser TOUTE la dette. Ce qui ne me surprendrait pas.
On supprime la dette, on nationalise les banques à la hussarde, et on rigole. J’oubliais, l’OTAN aux orties, bien sûr. Quant aux relations avec l’UE, je sais que mes opinions là-dessus ne rejoignent pas celles du FdG : je suis plus radical. Là aussi. On en sort d’office. Sans finasser, sans "désobéir" (n’est-ce pas un peu puéril ?).